États-Unis : nation Facebook ou nation de l’innovation?

J’ai été happé par le discours sur l’état de l’Union qui a été livré par Barack Obama, le président des États-Unis. Temps fort de la vie politique américaine, ce discours m’a plu parce qu’il a su réunir mes deux grandes passions que sont le Web et la politique.

En effet, lors de ce discours, le président américain a fait référence aux États-Unis comme étant « la nation de Google et de Facebook ». Tentons de décortiquer cette affirmation.

D’abord, il est indéniable que les États-Unis soit le pays qui a vu naître les plus grandes innovations du Web 2.0, notamment Google, Facebook et Twitter. Sans oublier les géants de l’informatique que sont Microsoft et Apple. Mais on y reviendra plus loin.

Le Web social, la politique et l’économie

Selon Mashable, il y a deux faits à noter dans cette référence présidentielle aux incontournables du Web social que sont Google et Facebook. D’abord, elle rappelle que la brillante campagne électorale qu’a menée Barack Obama en 2007 et en 2008 aura fait un appel sans précédent à la mobilisation en ligne, surtout via les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter.

Malgré une importante poussée de ces adversaires républicains sur le terrain des réseaux sociaux, il y a fort à parier que la campagne de réélection de M. Obama fera appel à une mobilisation importante de ses partisans et de ses ambassadeurs sur ces plates-formes. D’où l’importance de faire appel a Facebook dans son discours sur l’État de l’Union.

L’autre élément que souligne Mashable est le fait que les entreprises américaines en haute technologie et en technologie de l’information sont au coeur de la création d’emploi au pays de l’Oncle Sam : Google pourrait créer jusqu’à 6000 emplois aux États-Unis dans la prochaine année. C’est énorme !

Le Web social et l’innovation

M.Obama a nommé Google et Facebook pour illustrer le fait que, selon lui, l’innovation était et devait demeurer la pierre angulaire de la stratégie américaine de développement économique. À ce titre, il est intéressant de constater qu’un article de la prestigieuse revue Foreign Policy reprenait le même argument cette semaine.

L’article explique d’abord qu’il est inévitable que la Chine, puis l’Inde, rattrapent les États-Unis en matière d’investissements en recherche et développement. Il y a d’ailleurs plus d’ingénieurs formés en Chine et en Inde qu’aux États-Unis, mais les ingénieurs provenant des universités américaines demeurent les plus efficaces, les plus innovants.

Bref, en terme de quincaillerie, les États-Unis ne pourront tout simplement pas concurrencer les géants démographiques que sont l’Inde et la Chine. 2,3 milliard d’habitants constituent effectivement un creuset de ressource beaucoup plus grand qu’une population de 300 millions d’habitants. Ces pays ont tout ce qu’il faut pour dépasser les Américains en matière de production brute.

Mais la puissance économique américaine n’a pas dit son dernier mot. Même si, à moyen terme, plus d’ingénieurs brillants pourraient être formés en Inde ou en Chine, les États-Unis demeureront le terreau le plus fertile pour l’innovation.

Pourquoi? Parce que le fait de penser « en-dehors de la boîte » y est encouragé, alors que les compagnies et les gouvernements chinois et indien encouragent plutôt des attitudes conformistes et conservatrices chez leurs jeunes diplômés.

Cela explique pourquoi, malgré une grave récession et une concurrence féroce de la part des géants asiatiques, les États-Unis continueront encore longtemps d’être la nation de Facebook, Google, Twitter et… des prochaines grandes innovations qui balaieront le Web social de demain.